Une année dense, traversée par des expériences multiples auprès de publics très différents : de la maternelle jusqu’à l’EHPAD, dans des contextes éducatifs, professionnels, sociaux, médico-sociaux et judiciaires.
Plus que jamais, cette année a renforcé une conviction qui guide ma pratique :
👉 La philosophie n’est pas réservée à une élite. Elle est une pratique vivante du lien, de la parole et de la pensée.
Elle peut et doit circuler partout où des personnes vivent, travaillent, apprennent, doutent, traversent des épreuves, vieillissent, se rencontrent et se construisent.
Cette année m’a permis de relever de nouveaux défis :
🧠 Faire vivre la pensée comme pratique collective
• Les ateliers de dialogue socratique avec l’association Douze Lunes et l’OPAR, pour s’entrainer à des gestes de pensée : problématiser, conceptualiser, argumenter… mais aussi accepter qu’un travail d’attitude soit fait sur sa personne.
• La mise en place de débats citoyens avec des acteur·ices de la vie locale, pour interroger le vivre-ensemble, les tensions sociales et les conditions concrètes du « faire société ».
Cette année a également été celle de la continuité, auprès de structures qui me font confiance depuis plusieurs années.
🤝 Faire vivre la parole là où elle est parfois empêchée ou fragilisée
• Les rencontres philosophiques auprès des aidant·es (CLIC de Rennes, Saint-Malo, ADMR de Vitré), pour mettre en mots la fatigue, l’amour, la culpabilité, le regard des autres et les problématiques qui accompagnent l’aidance.
• Les cafés-philo dans les centres sociaux de Rennes, Bruz et Vern-sur-Seiche : des espaces où chacun.e peut penser le monde, quelle que soit son histoire, son parcours ou sa maîtrise de la langue française. Pour certaines personnes issues de l’immigration, ces ateliers deviennent aussi des lieux d’émancipation par la parole, où l’on découvre que son expérience et sa pensée ont toute leur légitimité.
• Les cafés-philo de Douze Lunes, avec la création cette année d’un troisième groupe. Chaque rencontre ayant été l’occasion d’explorer ensemble des questions telles que : Le libre arbitre existe-t-il vraiment ? ou Ne pas penser comme tout le monde, est-ce être complotiste ?
🏥 Penser la vie depuis ses vulnérabilités
• Les rencontres avec Neuro Bretagne au CHU, auprès de personnes atteintes de sclérose en plaques, pour réfléchir ensemble à la possibilité d’être heureux·se avec une maladie chronique.
🎓 Transmettre une pratique vivante de la philosophie
• Dans les écoles, collèges, lycées et BTS : des ateliers construits à partir des réalités des élèves, des projets d’établissement et des enjeux contemporains, notamment dans le cadre des séances d’EVARS, afin de développer l’esprit critique, la capacité à dialoguer et à penser par soi-même.
🕊️ Ouvrir des espaces de pensée là où la parole est souvent empêchée
• À la prison de Rennes, auprès des femmes détenues, pour offrir des espaces où la personne ne se réduit plus à son histoire ou à son statut de détenue, mais redevient un sujet capable de penser, de questionner, de dialoguer et de prendre du recul sur son propre parcours.
👨👩👧 Créer des lieux de dialogue intergénérationnel
• Des ateliers avec des enfants, des parents-enfants, dans des associations, des médiathèques et des maisons de quartier, pour découvrir dès le plus jeune âge que penser ensemble est une expérience accessible à toutes et à tous.
👵 Continuer à penser jusqu’au bout des parcours de vie
• En EHPAD et en résidences seniors autonomes, pour réfléchir aux transformations de la société, au vieillissement, à la mémoire, à la transmission et continuer à rencontrer l’autre, quel que soit son âge.
💬 Ce qui relie tous ces espaces, c’est une même exigence : permettre à chacun·e, quelle que soit sa situation, d’accéder à un espace de pensée, de parole et de reconnaissance.
Dans un monde où la parole est souvent inégalement distribuée, la pratique philosophique devient alors un acte profondément social : une manière de redonner du pouvoir de penser, de dire et d’agir.
À chaque atelier, je suis frappée par la même chose : des personnes qui, souvent, ne se seraient jamais rencontrées ailleurs découvrent qu’elles peuvent réfléchir ensemble, s’écouter, se questionner, se déplacer mutuellement, sans avoir besoin d’être d’accord.
Merci à toutes les structures qui me font confiance depuis plusieurs années, ainsi qu’à toutes les personnes qui acceptent d’entrer dans ces espaces de dialogue. Merci d’ouvrir vos portes, mais surtout vos pensées, vos doutes, vos expériences et vos affects. C’est grâce à vous que ces rencontres prennent tout leur sens.
🤍 J’ai une pensée toute particulière pour quatre de mes philosophes qui nous ont quittés cette année : Pierette, Guite, Jo et Philippe.
💌 Ma gratitude va également à Paulette qui, en changeant de résidence, a laissé une enveloppe à mon nom, accompagnée d’un mot de remerciement pour nos rencontres. Un geste qui m’a profondément touchée.
✨ Car ce philosopher n’est pas seulement penser ensemble, c’est aussi tisser des liens qui comptent.
