Depuis trois ans, j’accompagne plusieurs fois par an Marie Guillet, infirmière coordinatrice de la filière SEP pour l’association NeuroBretagne, lors de séances philosophiques proposées dans le cadre de l’éducation thérapeutique du patient.

Organisées deux fois par an avec un petit groupe de personnes atteintes de sclérose en plaques, ces rencontres nous invitent à réfléchir ensemble à une question aussi intime qu’universelle : peut-on vivre heureux avec une maladie chronique ?

💭 À partir de citations philosophiques ou d’un photolangage, nous interrogeons nos représentations du bonheur.

→ Que signifie être heureux ?
→ Quelle différence entre joie, plaisir et bonheur ?

Peu à peu, nos échanges font émerger une idée commune du bonheur comme étant un sentiment de paix, de sérénité, de plénitude … une satisfaction à l’égard de la vie telle qu’elle est, et non telle qu’on voudrait qu’elle soit.

D’autres questions surviennent alors :
→ Tout le monde veut-il être heureux ?
→ Le bonheur est-il une affaire de volonté ?
→ Suffit-il de vouloir être heureux pour l’être ?

🧭 À rebours de l’injonction contemporaine au bonheur et à la positivité, nous questionnons aussi la place de la tristesse, de la colère et du découragement.

Existe-t-il un droit au malheur et à la tristesse lorsque l’on est malade ? Faut-il nécessairement chercher à aller bien, relativiser ou faire preuve de résilience ?

📚 Avec Pascal, Montaigne, Épictète, André Comte-Sponville ou encore Eva Illouz, nous explorons différentes pistes et réfléchissons à la place de la santé dans nos vies :
→ La bonne santé est-elle une condition du bonheur ?
→ Peut-on être heureux avec une maladie chronique ?
→ Comment apprendre à vivre avec la maladie, sans nécessairement devoir l’accepter ?
→ Quelle place accorder à l’espoir, à l’incertitude, au handicap et au regard des autres ?

Lors de ces rencontres, les émotions trouvent également leur place. Elles permettent de nommer les ressentis, de partager les vécus et de faire entendre la singularité de chaque expérience.

La pratique philosophique prend alors un sens particulier : non pas apporter des solutions ou des réponses toutes faites, mais offrir un espace de réflexion et de dialogue.
→ Prendre de la hauteur sur son expérience.
→ Pouvoir la questionner.
→ La mettre en perspective avec celle des autres.

Il ne s’agit ni de minimiser les difficultés liées à la maladie, ni de faire du bonheur une nouvelle exigence. Mais de reconnaître la complexité de nos existences et de penser autrement ce que signifie vivre avec la maladie.

✨ Chaque rencontre ouvre ainsi de nouveaux chemins de réflexion.

🙏 Merci à Marie Guillet, à l’association NeuroBretagne et à l’ensemble des participant·es pour leur confiance et la richesse de ces échanges.

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